Témoignages

P.L.U.M.E.S – Écriture bienveillante  

plumes orviff texte honte

« Isabelle,

Lors de ces 8 semaines d’écriture bienveillante, tu m’as fait revivre mon passé, mes douleurs, j’ai également pleuré.
Mais qu’est-ce que j’ai été contente d’être dans ce groupe. Je suis fière de moi d’avoir pu écrire, raconter un petit morceau de ma vie, en espérant que ça servira aux jeunes filles, pour qu’elles ne fassent pas les mêmes erreurs que moi.
Ces semaines passées à écrire nos textes, à les lires, à écouter les autres, à t’écouter lire des extraits de livre, à discuter, et à faire de la méditation m’ont permis de voir la chance que j’ai d’être là où je suis. Bizarrement, j’arrive vraiment à apprécier certains petits détails de la vie auxquels je ne faisais plus attention, nos magnifiques paysages par exemple. J’arrive aussi à voir à quel point certaines personnes me sont chères.
Je te remercie encore pour ces 8 semaines où tu nous as accordé de ton temps, de ta bonne humeur, de ta jolie voix apaisante, pour nous comprendre et être bienveillante envers nous. » – Une femme victime de violence, stagiaire à Saint-Benoît, octobre 2018.

 

recueil prison st pierre« Cet atelier m’a permis de mieux me connaître et aussi de comprendre le ressenti des autres personnes sans les juger. Madame Isabelle m’a permis de m’exprimer dans mes douleurs et m’a appris à bien canaliser mes sens pour bien appréhender l’avenir. Ces séances de méditation par la respiration me transportent en me relaxant et en me permettant de prendre conscience du moment présent. Cet atelier d’écriture bienveillante m’a vraiment aidé. Merci ». Djo, détenu à Saint-Pierre

 » Ces ateliers m’ont apporté de la sérénité, du calme mentalement, du bien-être et ça m’a appris à connaître les émotions des autres. J’ai cherché à comprendre les autres pour mieux me comprendre moi-même. On dirait que ça m’aide à mieux comprendre les raisons de mon incarcération. » Bernard, détenu à Saint-Pierre

«  Ça m’a fait du bien. La méditation m’a apporté un soulagement. Ça m’a fait prendre conscience de certaines choses. J’ai bien aimé la lecture des extraits de romans. Les exercices d’écriture m’ont fait beaucoup de bien, ça m’a permis de m’exprimer. L’approche des notions de bienveillance, d’interdépendance et d’altruisme, ça m’a ouvert l’esprit ». Miguel, détenu à Saint-Pierre

« L’écriture, le plus efficace exercice pour moi… sortir mes tripes, ce que je n’arrive pas à formuler oralement. La méditation de pleine conscience, un exercice qu’il est difficile de pratiquer en situation bruyante carcérale, mais qui m’a apporté de l’apaisement ». Alain, détenu à Saint-Pierre

« L’écriture, ça nous libère le coeur de certains poids et quand une autre personne lit le texte ça nous donne beaucoup d’émotion ». Rami, détenu à Saint-Pierre

« C’est génial. Je conseille à beaucoup de détenus ce programme ». Judy, détenu à Saint-Pierre

Maison d’arrêt de Saint-Pierre, la Réunion, Septembre 2018

 

k geôle merci

« À ce jour, dans le cadre d’un centre de détention ou pénitentiaire, c’est l’un des ateliers les mieux conçus que j’ai eu l’opportunité d’expérimenter.

L’attention, la présence, la capacité à écouter et entendre pleinement constituent peut-être quelques-uns des fondements de l’initiative. Bien que pouvant apparaître comme simples et évidentes, ces qualités essentielles facilitent toute relation/communication et se révèlent être tout un art !

L’atelier est minutieusement préparé. Le contenu de chaque séance semble être imaginé, réfléchi, réadapté, recalibré en fonction des sessions précédentes et selon l’homogénéité des participants.

Solidement documenté, la pédagogie, si on peut la qualifier ainsi, est fluide, absente de jugement, non dualiste, ouverte à l’imprévu, sans digressions trop importantes.

L’apprentissage va au-delà d’un simple formalisme qu’un atelier formel. Elle se différencie, se situe en profondeur, dans une approche globale et les détenus le comprennent vite ( lorsque c’est le contraire, le détenu le comprend aussi, il « s’emmerde » et abandonne, ce qui n’est pas le cas ici ).

Au niveau du participant, il est probable que la faculté créative endormie est réveillée, elle devient une capacité plus consciente et active. En effet, en discutant et observant ces détenus ( mes collègues ), je réalise qu’ils prennent conscience de leurs capacités avec le plaisir d’écrire pour eux et leurs proches ( dans leur box ). Certains comprennent qu’ils aiment et/ou préfèrent tel ou tel style littéraire…

Le résultat se fait sentir dans l’après-séance. C’est-à-dire en « off », et qui ne peut être directement observable par un membre de l’équipe pluridisciplinaire de la pénitentiaire.

Et c’est là que ça devient intéressant !

Les détenus ayant participé à ce genre d’ateliers se regardent davantage dans les yeux, lorsqu’ils se disent bonjour dans la cour. Ils sourient entre eux. Ils viennent spontanément vers l’autre.

Le manque d’assurance, d’aisance, d’audace, s’atténue graduellement selon les personnes. Ceux qui ont de « grandes » difficultés à l’écriture se « débloquent ». Désacraliser l’écriture, les livres, redonne confiance aux participants. Après les séances, ils discutent de sujets difficiles et sérieux.

Certains s’expriment encore plus après les séances, teintent leurs propos selon leurs croyances, connaissances. Ce qui semble tout aussi important si cela aide la personne. Tout en rappelant que l’atelier est 100% laïque, comme nous l’a rappelé continuellement l’intervenante.

De toutes ces semaines, aucun « moucatage », « la di la fé » ou moqueries n’a été constaté pendant et après l’atelier, ce qui peut sembler étrange à certains égards.

Les remerciements, les sourires, les applaudissements, les silences, les pauses, font partie intégrante de ces ateliers. C’est un mouvement authentique.

Il est probable que les participants de cette « promotion » constituaient dès le départ un terreau propice. Et cette pensée est peut-être trompeuse, illusoire. Car il est aussi possible que nous sommes tous capables d’entrer dans un processus créatif, un processus long de changement, s’il est impulsé avec bienveillance.

Puisse ce type d’atelier aider le plus grand nombre vers un bien-être durable, vers la voie d’un Bonheur possible. »

Un détenu participant à la première expérimentation

du programme P.L.U.M.E.S – écriture bienveillante.

La Réunion, avril 2018

 

 

Publicités